La cyber-rebellion russe
Le virtuel remplace le réel, trop menacé. Le Kremlin contrôlerait les médias traditionnels. La dissidence prend acte et se réfugie dans les terrains du Web. Haut débit, WAP, Wi-Fi sont leurs armes. Leurs munitions sont les blogs et les forums.
Médias traditionnellement muselés
Les chaînes de télévision ont abondamment couvert le moindre des déplacements de Dmitry Medvedev ces dernières semaines, officiellement en tant que vice-premier ministre. Du 2 au 25 février, les cinq principales chaînes russes lui ont ainsi consacré jusqu'à dix-sept fois plus de temps d'antenne en prime time qu'à ses trois rivaux réunis, selon une étude du Centre de journalisme en situations extrêmes présentée jeudi 28 février. "Les chaînes d'Etat n'ont pas été en mesure de remplir leurs obligations prévues par la loi et de créer des conditions égales pour tous les candidats, ayant clairement pris parti pour M. Medvedev", estime le centre, qui relève de l'Union des journalistes russes.
A trois jours du scrutin, des ONG locales et internationales avaient une nouvelle fois accusé Dmitry Medvedev d'avoir bénéficié d'un traîtement de faveur. "Les moyens de l'Etat ont été sans aucun doute dominants" dans la campagne, a estimé la présidente de la branche russe de Transparency International (TI). Selon cette étude, M. Medvedev a été mentionné 796 fois par les médias fédéraux au cours de cette période, quand l'ultranationaliste Vladimir Jirinovski l'était 248 fois, le communiste Guennadi Ziouganov 237 fois et Andreï Bogdanov (Parti démocrate) 140 fois.
Les blogs
Par les blogs l'opposition parvient à s'organiser, à se donner rendez-vous et à diffuser l'information autrement bloquée par la censure des médias traditionnels. "Les blogs constituent l'un des supports les plus importants pour nous", confirme Marina Litvinovitch, spécialiste de la communication et proche de Garry Kasparov, le champion d'échecs devenu opposant politique. "Environ la moitié de la population russe utilise peu ou prou l'Internet, pour envoyer des e-mails, jouer, consulter des sites de rencontres, comme partout ailleurs. Mais il y a un petit nombre, peut-être 2 %, des internautes qui utilisent le Web à des fins politiques, et qui font toute la différence."
Mise en garde juridique
Certaines menaces pèsent tout de même sur la Toile russe. En février, la première lecture d'un projet de loi sur l'Internet par le conseil de la Fédération (la Chambre Haute du Parlement) avait ému la communauté informatique, qui craignait y voir le début d'une mainmise de l'Etat sur la sphère Internet. Critiqué et jugé juridiquement illisible, le projet de loi est pour le moment suspendu.
Pour une sécurité garantie, les serveurs informatiques sont aux Etats-Unis et restent sous juridiction américaine. Les dirigeants russes ont certainement noté que l'approche chinoise ou vietnamienne de censure du Web n'avait rien donné de bon. "Ils préfèrent utiliser une autre méthode, en essayant de noyer l'Internet russe avec leurs propres sites de propagande et en faisant intervenir leurs propres blogueurs sur les sites." assure Anton Nosik, l'un des "pères" de l'Internet russe, responsable de JéJé. Son analyse est partagée par Marina Litvinovitch. "L'Internet, c'est une réserve naturelle pour la petite élite intellectuelle russe. Le pouvoir le voit comme ça, et il tolère cet espace de liberté en estimant que son pouvoir de nuisance est limité."
La "réserve naturelle pour élite intellectuelle" qu'est l'Internet russe fonctionnerait à peu près librement. L'intronisation de Dmitry Medvedev à la présidence changera-t-elle les choses ? Vladimir Poutine le reconnaît lui-même, il ne sait pas se servir des outils informatiques. Dmitry Medvedev, lui, est un utilisateur quotidien du Web, et un lecteur régulier de la blogosphère russe…
En bonus : un document sur la liberté de la presse en Russie.
Est mentionnée dans cette vidéo l'assassinat d'Anna Politovskaïa. Elle n'est pas la seule, comme en témoigne cette liste non exhaustive de journalistes tués pendant les mandats de Vladimir Poutine (source : Le Monde).
Magomedzagid Varisov
Journaliste à l'hebdomadaire Novoe Delo et directeur du Centre républicain d'initiatives stratégiques et politiques, il est assassiné par balles le 28 juin 2005 à Makhatchkala (capitale du Daguestan), alors qu'il s'apprêtait à sortir de sa voiture pour regagner son domicile. Il était connu pour ses articles critiques à l'égard de l'opposition au gouvernement du Daguestan, et soutenait que celle-ci tentait de déstabiliser la République et de renverser le gouvernement régional. Varisov écrivait aussi sur le crime organisé et le terrorisme. Un groupe islamiste wahhabite a revendiqué son assassinat.
Paul Khlebnikov
Le rédacteur en chef de l'édition russe du magazine américain Forbes est tué par balles, à la sortie de son bureau, le 9 juillet 2004. Cet Américain, connu pour ses investigations sur les privatisations controversées des années 1990 en Russie, avait notamment publié un article en 1996, puis un ouvrage en 2000, sur l'homme d'affaires russe Boris Berezovski, qualifié de "parrain du Kremlin". Le journaliste suggérait que le milliardaire entretenait des liens avec la mafia tchétchène. Cet assassinat a eu une résonance dans le monde entier.
Dmitri Shvets
Le copropriétaire et directeur général de la chaîne de télévision TV-21 à Mourmansk est abattu au moment où il sortait de sa voiture devant les locaux de la chaîne, le 18 avril 2003. La chaîne avait émis des critiques à l'égard du gouvernement municipal de Mourmansk et des candidats aux élections municipales de 2004. En plus de son travail à TV-21, Dmitri Shvets était un homme d'affaires en vue et un conseiller politique du gouverneur régional, Youri Evdokimov.
Alikhan Guliyev
Ce pigiste, qui travaillait pour la chaîne TVT et pour le journal Kommersant, est tué de deux balles dans le dos au moment où il regagnait son appartement de Moscou, le 18 juillet 2003. Ce n'est pas la première attaque portée contre le journaliste. En mars 2002, alors qu'il vivait dans la République russe d'Ingouchie, des hommes avaient tiré sur sa voiture. Avant de déménager à Moscou, Alikhan Guliyev s'intéressait à la corruption politique en Ingouchie, et avait joué un rôle dans la disqualification d'un candidat à l'élection présidentielle de 2002.
Alexeï Sidorov
Le rédacteur en chef du journal Togliattinskoe Obozrenie est poignardé par deux hommes près de son domicile dans la ville de Togliatti, en Russie centrale, le 9 octobre 2003. Il enquêtait sur des groupes criminels liés au plus gros fabricant de voitures russes, AutoVAZ. Il préparait également une série d'articles sur des vols commis par des membres du mouvement Volga Criminal Group.
Valery Batouev
Le journaliste à l'hebdomadaire Moskovskie Novosti est retrouvé mort le 31 mars 2002 à Moscou. Il effectuait des reportages sur la guerre en Tchétchénie. Un suspect a été arrêté.
Sergueï Kalinovski
Rédacteur en chef du quotidien Moskovky Komsomolets Smolensk (édition locale), animateur d'une émission télévisée d'information sur SCS TV (chaîne de télévision locale) et d'une émission politique sur une radio locale, il est retrouvé mort, le 1er avril 2002, en banlieue de Smolensk. Kalinovski était l'auteur d'articles mettant en cause des groupes mafieux, notamment dans la région du Daguestan, et des militaires ayant bénéficié de logements par des moyens illégaux.
Natalia Skryl
La chroniqueuse économique du journal Nashe Vremia à Rostov-sur-le-Don (sud-ouest du pays) est tuée le 8 mars 2002 aux abords de son domicile, à Taganrog. Ce meurtre pourrait être lié à l'enquête qu'elle menait sur les activités de grandes entreprises de la région.
Valery Ivanov
Le rédacteur en chef de l'hebdomadaire Toliaitinskoie obosrenie et directeur de la chaîne de télévision indépendante Lada-TV est retrouvé criblé de balles dans sa voiture, le 29 avril 2002 à Togliatti (Oural). Il avait publié une série d'articles sur la corruption des fonctionnaires locaux, notamment du maire, Sergueï Jilkine, ainsi que sur des groupes criminels de la région et sur la mafia de la drogue. Il enquêtait également sur les activités de groupes criminels liés à l'usine automobile russe Avtovaz, qui produit des véhicules de la marque Lada.
Sergueï Novikov
Le propriétaire de la seule station de radio indépendante de Smolensk, Radio Vesna, est tué le 26 juillet 2000 de plusieurs balles dans l'escalier de son immeuble. Radio Vesna avait souvent critiqué le gouvernement de la région de Smolensk, notamment pour des faits de corruption. Sergueï Novikov aurait reçu des menaces de mort après avoir annoncé son intention de se présenter aux élections régionales.
Iskandar Khatloni
Ce reporter au service tadjik de Radio Free Europe-Radio Liberty (RFE-RL) meurt le 21 septembre 2000 après avoir été agressé dans son appartement de Moscou. Il s'intéressait aux atteintes aux droits de l'homme commises par l'armée russe en Tchétchénie. Le lien entre ce meurtre et l'activité du journaliste ne peut toutefois être établi avec certitude.
Artiom Borovik
Le président du groupe de médias Soverchenno Sekretno (Top secret), spécialisé dans le journalisme d'investigation, est tué le 9 mars 2000 dans un crash aérien. Il était en compagnie d'un homme d'affaires tchétchène connu dans les milieux du pétrole. L'accident est jugé suspect : Artiom Borovik, très proche de Iouri Loujkov, le maire de Moscou, avait été en 1999 à l'origine des révélations sur les malversations du "clan Eltsine". Selon la radio Echo de Moscou, il se rendait en Ukraine pour enquêter sur l'usine d'alumine de Nikolaïev, au cœur d'une intense lutte entre oligarques.
Igor Domnikov
Ce journaliste, rédacteur au journal Novaïa Gazeta, est frappé de manière répétée à la tête près de son domicile, à Moscou. Il meurt en juillet 2000, après deux mois de coma. Il écrivait des articles sur la corruption des gouverneurs. Ses assassins ont été retrouvés.
Médias traditionnellement muselés
Les chaînes de télévision ont abondamment couvert le moindre des déplacements de Dmitry Medvedev ces dernières semaines, officiellement en tant que vice-premier ministre. Du 2 au 25 février, les cinq principales chaînes russes lui ont ainsi consacré jusqu'à dix-sept fois plus de temps d'antenne en prime time qu'à ses trois rivaux réunis, selon une étude du Centre de journalisme en situations extrêmes présentée jeudi 28 février. "Les chaînes d'Etat n'ont pas été en mesure de remplir leurs obligations prévues par la loi et de créer des conditions égales pour tous les candidats, ayant clairement pris parti pour M. Medvedev", estime le centre, qui relève de l'Union des journalistes russes.
A trois jours du scrutin, des ONG locales et internationales avaient une nouvelle fois accusé Dmitry Medvedev d'avoir bénéficié d'un traîtement de faveur. "Les moyens de l'Etat ont été sans aucun doute dominants" dans la campagne, a estimé la présidente de la branche russe de Transparency International (TI). Selon cette étude, M. Medvedev a été mentionné 796 fois par les médias fédéraux au cours de cette période, quand l'ultranationaliste Vladimir Jirinovski l'était 248 fois, le communiste Guennadi Ziouganov 237 fois et Andreï Bogdanov (Parti démocrate) 140 fois.
Les blogs
Par les blogs l'opposition parvient à s'organiser, à se donner rendez-vous et à diffuser l'information autrement bloquée par la censure des médias traditionnels. "Les blogs constituent l'un des supports les plus importants pour nous", confirme Marina Litvinovitch, spécialiste de la communication et proche de Garry Kasparov, le champion d'échecs devenu opposant politique. "Environ la moitié de la population russe utilise peu ou prou l'Internet, pour envoyer des e-mails, jouer, consulter des sites de rencontres, comme partout ailleurs. Mais il y a un petit nombre, peut-être 2 %, des internautes qui utilisent le Web à des fins politiques, et qui font toute la différence."
Mise en garde juridique
Certaines menaces pèsent tout de même sur la Toile russe. En février, la première lecture d'un projet de loi sur l'Internet par le conseil de la Fédération (la Chambre Haute du Parlement) avait ému la communauté informatique, qui craignait y voir le début d'une mainmise de l'Etat sur la sphère Internet. Critiqué et jugé juridiquement illisible, le projet de loi est pour le moment suspendu.
Pour une sécurité garantie, les serveurs informatiques sont aux Etats-Unis et restent sous juridiction américaine. Les dirigeants russes ont certainement noté que l'approche chinoise ou vietnamienne de censure du Web n'avait rien donné de bon. "Ils préfèrent utiliser une autre méthode, en essayant de noyer l'Internet russe avec leurs propres sites de propagande et en faisant intervenir leurs propres blogueurs sur les sites." assure Anton Nosik, l'un des "pères" de l'Internet russe, responsable de JéJé. Son analyse est partagée par Marina Litvinovitch. "L'Internet, c'est une réserve naturelle pour la petite élite intellectuelle russe. Le pouvoir le voit comme ça, et il tolère cet espace de liberté en estimant que son pouvoir de nuisance est limité."
La "réserve naturelle pour élite intellectuelle" qu'est l'Internet russe fonctionnerait à peu près librement. L'intronisation de Dmitry Medvedev à la présidence changera-t-elle les choses ? Vladimir Poutine le reconnaît lui-même, il ne sait pas se servir des outils informatiques. Dmitry Medvedev, lui, est un utilisateur quotidien du Web, et un lecteur régulier de la blogosphère russe…
En bonus : un document sur la liberté de la presse en Russie.
Est mentionnée dans cette vidéo l'assassinat d'Anna Politovskaïa. Elle n'est pas la seule, comme en témoigne cette liste non exhaustive de journalistes tués pendant les mandats de Vladimir Poutine (source : Le Monde).
Magomedzagid Varisov
Journaliste à l'hebdomadaire Novoe Delo et directeur du Centre républicain d'initiatives stratégiques et politiques, il est assassiné par balles le 28 juin 2005 à Makhatchkala (capitale du Daguestan), alors qu'il s'apprêtait à sortir de sa voiture pour regagner son domicile. Il était connu pour ses articles critiques à l'égard de l'opposition au gouvernement du Daguestan, et soutenait que celle-ci tentait de déstabiliser la République et de renverser le gouvernement régional. Varisov écrivait aussi sur le crime organisé et le terrorisme. Un groupe islamiste wahhabite a revendiqué son assassinat.
Paul Khlebnikov
Le rédacteur en chef de l'édition russe du magazine américain Forbes est tué par balles, à la sortie de son bureau, le 9 juillet 2004. Cet Américain, connu pour ses investigations sur les privatisations controversées des années 1990 en Russie, avait notamment publié un article en 1996, puis un ouvrage en 2000, sur l'homme d'affaires russe Boris Berezovski, qualifié de "parrain du Kremlin". Le journaliste suggérait que le milliardaire entretenait des liens avec la mafia tchétchène. Cet assassinat a eu une résonance dans le monde entier.
Dmitri Shvets
Le copropriétaire et directeur général de la chaîne de télévision TV-21 à Mourmansk est abattu au moment où il sortait de sa voiture devant les locaux de la chaîne, le 18 avril 2003. La chaîne avait émis des critiques à l'égard du gouvernement municipal de Mourmansk et des candidats aux élections municipales de 2004. En plus de son travail à TV-21, Dmitri Shvets était un homme d'affaires en vue et un conseiller politique du gouverneur régional, Youri Evdokimov.
Alikhan Guliyev
Ce pigiste, qui travaillait pour la chaîne TVT et pour le journal Kommersant, est tué de deux balles dans le dos au moment où il regagnait son appartement de Moscou, le 18 juillet 2003. Ce n'est pas la première attaque portée contre le journaliste. En mars 2002, alors qu'il vivait dans la République russe d'Ingouchie, des hommes avaient tiré sur sa voiture. Avant de déménager à Moscou, Alikhan Guliyev s'intéressait à la corruption politique en Ingouchie, et avait joué un rôle dans la disqualification d'un candidat à l'élection présidentielle de 2002.
Alexeï Sidorov
Le rédacteur en chef du journal Togliattinskoe Obozrenie est poignardé par deux hommes près de son domicile dans la ville de Togliatti, en Russie centrale, le 9 octobre 2003. Il enquêtait sur des groupes criminels liés au plus gros fabricant de voitures russes, AutoVAZ. Il préparait également une série d'articles sur des vols commis par des membres du mouvement Volga Criminal Group.
Valery Batouev
Le journaliste à l'hebdomadaire Moskovskie Novosti est retrouvé mort le 31 mars 2002 à Moscou. Il effectuait des reportages sur la guerre en Tchétchénie. Un suspect a été arrêté.
Sergueï Kalinovski
Rédacteur en chef du quotidien Moskovky Komsomolets Smolensk (édition locale), animateur d'une émission télévisée d'information sur SCS TV (chaîne de télévision locale) et d'une émission politique sur une radio locale, il est retrouvé mort, le 1er avril 2002, en banlieue de Smolensk. Kalinovski était l'auteur d'articles mettant en cause des groupes mafieux, notamment dans la région du Daguestan, et des militaires ayant bénéficié de logements par des moyens illégaux.
Natalia Skryl
La chroniqueuse économique du journal Nashe Vremia à Rostov-sur-le-Don (sud-ouest du pays) est tuée le 8 mars 2002 aux abords de son domicile, à Taganrog. Ce meurtre pourrait être lié à l'enquête qu'elle menait sur les activités de grandes entreprises de la région.
Valery Ivanov
Le rédacteur en chef de l'hebdomadaire Toliaitinskoie obosrenie et directeur de la chaîne de télévision indépendante Lada-TV est retrouvé criblé de balles dans sa voiture, le 29 avril 2002 à Togliatti (Oural). Il avait publié une série d'articles sur la corruption des fonctionnaires locaux, notamment du maire, Sergueï Jilkine, ainsi que sur des groupes criminels de la région et sur la mafia de la drogue. Il enquêtait également sur les activités de groupes criminels liés à l'usine automobile russe Avtovaz, qui produit des véhicules de la marque Lada.
Sergueï Novikov
Le propriétaire de la seule station de radio indépendante de Smolensk, Radio Vesna, est tué le 26 juillet 2000 de plusieurs balles dans l'escalier de son immeuble. Radio Vesna avait souvent critiqué le gouvernement de la région de Smolensk, notamment pour des faits de corruption. Sergueï Novikov aurait reçu des menaces de mort après avoir annoncé son intention de se présenter aux élections régionales.
Iskandar Khatloni
Ce reporter au service tadjik de Radio Free Europe-Radio Liberty (RFE-RL) meurt le 21 septembre 2000 après avoir été agressé dans son appartement de Moscou. Il s'intéressait aux atteintes aux droits de l'homme commises par l'armée russe en Tchétchénie. Le lien entre ce meurtre et l'activité du journaliste ne peut toutefois être établi avec certitude.
Artiom Borovik
Le président du groupe de médias Soverchenno Sekretno (Top secret), spécialisé dans le journalisme d'investigation, est tué le 9 mars 2000 dans un crash aérien. Il était en compagnie d'un homme d'affaires tchétchène connu dans les milieux du pétrole. L'accident est jugé suspect : Artiom Borovik, très proche de Iouri Loujkov, le maire de Moscou, avait été en 1999 à l'origine des révélations sur les malversations du "clan Eltsine". Selon la radio Echo de Moscou, il se rendait en Ukraine pour enquêter sur l'usine d'alumine de Nikolaïev, au cœur d'une intense lutte entre oligarques.
Igor Domnikov
Ce journaliste, rédacteur au journal Novaïa Gazeta, est frappé de manière répétée à la tête près de son domicile, à Moscou. Il meurt en juillet 2000, après deux mois de coma. Il écrivait des articles sur la corruption des gouverneurs. Ses assassins ont été retrouvés.
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