Confédéralisme : l’obsession flamande
Quel est le point commun entre Kris Peeters, Ministre-président flamand (CD&V) et Philippe Moureaux, vice-président du PS? Ils se sont tous les deux déclarés favorables au confédéralisme. Comme l’est la majorité des partis démocratiques flamands. La menace reste dans l’air.
La richesse du vocabulaire qui décrit la vie politique belge est bien connue. De nouveaux mots pour de nouvelles fonctions; formateur, informateur ou démineur nous sont devenus rapidement familier. Un autre mot célèbre est venu récemment compléter le langage politique. Et puis, on ne sait trop pour quelle raison, à très vite disparu. Comme relégué aux oubliettes. Dans le milieu politique, le mot met mal à l’aise. Ceux qui l’ont utilisé, ont très vite compris qu’il y avait derrière sa signification bien plus qu’il n’y paraît. Quel est donc ce mot au pouvoir dévastateur et capable de déclencher enthousiasme ou scepticisme? Il est connu de tous et sommeille en attendant qu’on le réveille; c’est le confédéralisme.
Le confédéralisme est avant tout un terme vague. Chaque partis politique en donnant sa propre définition. Vacillant entre Région avec un peu plus de compétence et modèle séparatiste. L’évolution que connaît notre paysage politique ces dernières années a ramené à l’avant plan le confédéralisme comme solution à tous les problèmes. Car aux plus forts moments de crise, il faut pouvoir rassurer. Et certains ont vu dans le confédéralisme le remède miracle. Trop beau pour être vrai …
« Confédéralisme », un mot bannit du vocabulaire politique?
Plus d’autonomie, plus de compétences. Ces deux mots reviennent sans cesse dans les discours des hommes politiques flamands. Mais pour en arriver où? A une Région flamande enfin capable de prendre son destin en main? A une Flandre libre et souveraine? Plus d’autonomie en matière fiscale en permettant aux Régions de taxer les entreprises différemment au Nord et au Sud. Plus de compétences en matière sociale en donnant aux Régions le pouvoir de fixer les montants des allocations familiales. Des dizaines d’exigences de ce genre sont en attente dans les cartons du Parlement flamand. Chaque mois, une nouvelle exigence apparaît. Certaines sont catégoriquement refusées par les partis francophones. Comme la scission de l’arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde. Mais d’autres, sous la pression constante, sont mises sur la table des négociations. Ce sont en majorité celles qu’on retrouve dans le second paquet de réformes institutionnelles. A y regarder de plus près, toutes ces demandes et exigences n’ont qu’un seul but. Permettre à la Région flamande de déposséder l’Etat fédéral des compétences qui l’intéresse. Faire du fédéral une coquille vide. Seuls quelques domaines, comme la Défense, resteraient sous le giron fédéral. Mais jusqu’à quand ? Car on l’aura remarqué, les différences de vue entre l’actuel Ministre de la Défense, Pieter de Crem (CD&V) et son prédécesseur, André Flahaut (PS) sont grandes.
Réduire au minimum les compétences de l’Etat fédéral et augmenter au maximum celles des Régions est un processus connu. Il porte un nom; le confédéralisme. Et le mot lâché en fait frémir plus d’un. Soit parce qu’on le craint, soit parce qu’on le souhaite à mots cachés. Mais tous savent qu’il y a derrière plus qu’une définition. Pour les partis francophones, le confédéralisme est synonyme de séparatisme et donc il doit être bannit du vocabulaire. Pour les partis flamands le mot est synonyme d’indépendance et est utilisé avec enthousiasme. Mais face à la levée de boucliers des partis francophones qu’il déclenche, les hommes politiques flamands ont appris à utiliser d’autres termes moins polémiques; autonomie et compétences…
CD&V; les confédéralistes s’installent
Le premier parti flamand (et belge), le CD&V a fait une campagne électorale basée sur un programme confédéraliste. Pascal Delwit, politologue, rappelle d’ailleurs que le CD&V est un parti officiellement confédéraliste depuis l’adoption du programme de Courtrai en 2001. Pour le CD&V, la Région flamande doit être l’institution principale dans le cadre belge. Le transfert d’un certain nombre de compétences du fédéral vers la Région flamande est essentiel. L’entrée du parti au gouvernement ne devrait pas changer la rhétorique que tiennent ses leaders. En pratique, ce devrait être la loi des compromis qui prévaudrait. Car si le CD&V ne veut pas bloquer toutes négociations avec les partis francophones, il sera obliger de mettre de l’eau dans son vin. Pour Pascal Delwit, la question est de savoir quelle sera l’ampleur du second paquet de compétences transférées du fédéral aux Régions. Les précédentes négociations ont été laborieuses et se sont déjà heurtées à l’épineux problème du transfert de compétences. Les partis francophones le savent, la survie du gouvernement ne se fera qu’à la condition qu’ils acceptent de « lâcher » du leste. Quelles compétences seront alors transférées? Pour l’heure, certains parlent de sécurité routière tandis que d’autres veulent mettre sur la table des pans entiers de la fiscalité. Les longues et laborieuses négociations de 2007 n’étaient peut-être qu’un début.
Un autre avantage que présente le confédéralisme pour les partis flamands est son caractère transitoire. Les Régions, et singulièrement la Flandre, choisiraient les compétences qui restent au niveau fédéral. Celui-ci n’ayant plus de pouvoir contraignant sur les Régions, il serait alors beaucoup plus facile de s’en séparer et de prendre le chemin de l’indépendance. Le confédéralisme ne serait qu’une étape avant le démantèlement complet de l’Etat fédéral.
Conscient du danger que revêt le confédéralisme, on comprend aisément pourquoi le mot dérange. Dans le langage politique belge, il signifie pour les uns, la fin d’une belle histoire et pour les autres un rêve qui se réalise enfin. Les futures négociations sur le transfert des compétences diront lequel du rêve ou de la fin de la belle histoire a commencé.
La richesse du vocabulaire qui décrit la vie politique belge est bien connue. De nouveaux mots pour de nouvelles fonctions; formateur, informateur ou démineur nous sont devenus rapidement familier. Un autre mot célèbre est venu récemment compléter le langage politique. Et puis, on ne sait trop pour quelle raison, à très vite disparu. Comme relégué aux oubliettes. Dans le milieu politique, le mot met mal à l’aise. Ceux qui l’ont utilisé, ont très vite compris qu’il y avait derrière sa signification bien plus qu’il n’y paraît. Quel est donc ce mot au pouvoir dévastateur et capable de déclencher enthousiasme ou scepticisme? Il est connu de tous et sommeille en attendant qu’on le réveille; c’est le confédéralisme.
Le confédéralisme est avant tout un terme vague. Chaque partis politique en donnant sa propre définition. Vacillant entre Région avec un peu plus de compétence et modèle séparatiste. L’évolution que connaît notre paysage politique ces dernières années a ramené à l’avant plan le confédéralisme comme solution à tous les problèmes. Car aux plus forts moments de crise, il faut pouvoir rassurer. Et certains ont vu dans le confédéralisme le remède miracle. Trop beau pour être vrai …
« Confédéralisme », un mot bannit du vocabulaire politique?
Plus d’autonomie, plus de compétences. Ces deux mots reviennent sans cesse dans les discours des hommes politiques flamands. Mais pour en arriver où? A une Région flamande enfin capable de prendre son destin en main? A une Flandre libre et souveraine? Plus d’autonomie en matière fiscale en permettant aux Régions de taxer les entreprises différemment au Nord et au Sud. Plus de compétences en matière sociale en donnant aux Régions le pouvoir de fixer les montants des allocations familiales. Des dizaines d’exigences de ce genre sont en attente dans les cartons du Parlement flamand. Chaque mois, une nouvelle exigence apparaît. Certaines sont catégoriquement refusées par les partis francophones. Comme la scission de l’arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde. Mais d’autres, sous la pression constante, sont mises sur la table des négociations. Ce sont en majorité celles qu’on retrouve dans le second paquet de réformes institutionnelles. A y regarder de plus près, toutes ces demandes et exigences n’ont qu’un seul but. Permettre à la Région flamande de déposséder l’Etat fédéral des compétences qui l’intéresse. Faire du fédéral une coquille vide. Seuls quelques domaines, comme la Défense, resteraient sous le giron fédéral. Mais jusqu’à quand ? Car on l’aura remarqué, les différences de vue entre l’actuel Ministre de la Défense, Pieter de Crem (CD&V) et son prédécesseur, André Flahaut (PS) sont grandes.
Réduire au minimum les compétences de l’Etat fédéral et augmenter au maximum celles des Régions est un processus connu. Il porte un nom; le confédéralisme. Et le mot lâché en fait frémir plus d’un. Soit parce qu’on le craint, soit parce qu’on le souhaite à mots cachés. Mais tous savent qu’il y a derrière plus qu’une définition. Pour les partis francophones, le confédéralisme est synonyme de séparatisme et donc il doit être bannit du vocabulaire. Pour les partis flamands le mot est synonyme d’indépendance et est utilisé avec enthousiasme. Mais face à la levée de boucliers des partis francophones qu’il déclenche, les hommes politiques flamands ont appris à utiliser d’autres termes moins polémiques; autonomie et compétences…
CD&V; les confédéralistes s’installent
Le premier parti flamand (et belge), le CD&V a fait une campagne électorale basée sur un programme confédéraliste. Pascal Delwit, politologue, rappelle d’ailleurs que le CD&V est un parti officiellement confédéraliste depuis l’adoption du programme de Courtrai en 2001. Pour le CD&V, la Région flamande doit être l’institution principale dans le cadre belge. Le transfert d’un certain nombre de compétences du fédéral vers la Région flamande est essentiel. L’entrée du parti au gouvernement ne devrait pas changer la rhétorique que tiennent ses leaders. En pratique, ce devrait être la loi des compromis qui prévaudrait. Car si le CD&V ne veut pas bloquer toutes négociations avec les partis francophones, il sera obliger de mettre de l’eau dans son vin. Pour Pascal Delwit, la question est de savoir quelle sera l’ampleur du second paquet de compétences transférées du fédéral aux Régions. Les précédentes négociations ont été laborieuses et se sont déjà heurtées à l’épineux problème du transfert de compétences. Les partis francophones le savent, la survie du gouvernement ne se fera qu’à la condition qu’ils acceptent de « lâcher » du leste. Quelles compétences seront alors transférées? Pour l’heure, certains parlent de sécurité routière tandis que d’autres veulent mettre sur la table des pans entiers de la fiscalité. Les longues et laborieuses négociations de 2007 n’étaient peut-être qu’un début.
Un autre avantage que présente le confédéralisme pour les partis flamands est son caractère transitoire. Les Régions, et singulièrement la Flandre, choisiraient les compétences qui restent au niveau fédéral. Celui-ci n’ayant plus de pouvoir contraignant sur les Régions, il serait alors beaucoup plus facile de s’en séparer et de prendre le chemin de l’indépendance. Le confédéralisme ne serait qu’une étape avant le démantèlement complet de l’Etat fédéral.
Conscient du danger que revêt le confédéralisme, on comprend aisément pourquoi le mot dérange. Dans le langage politique belge, il signifie pour les uns, la fin d’une belle histoire et pour les autres un rêve qui se réalise enfin. Les futures négociations sur le transfert des compétences diront lequel du rêve ou de la fin de la belle histoire a commencé.
Publicité