Natation : Une pluie de records

Publié le par P.J.

La nouvelle combinaison LZR Racer développée par l’équipementier australien Speedo ne cesse d’étonner tous les observateurs. Deux mois après sa sortie, cet outil  est déjà associé à pas moins de 35 records du monde tous bassins confondus (25 et 50m).

« Même en pyjama, j'aurais nagé vite » s’exclame Alain Bernard après avoir affolé les chronos lors des championnats d’Europe de natation à Eindhoven. Lors de cette compétition, le nageur français, vêtu de la nouvelle combinaison hi-tech, pulvérisa par deux fois le record du monde du 100 mètres nage libre, avant de s'approprier celui du 50 mètres le lendemain. Ce dernier ne tenue d’ailleurs pas très longtemps. Il fut battu quelques jours plus tard lors des trials australiens par Eamon Sullivan.

Speedo a travaillé avec la Nasa

Ces exploits ne sont pas le fruit du hasard, depuis deux mois les records ne cessent de tomber en natation. Ceux-ci concordent avec la sortie du nouveau maillot Speedo, le LZR Racer. Pour célébrer ses 80 ans, la marque australienne a voulu marquer le coup avec sa nouvelle combinaison. L’équipementier a travaillé avec la Nasa, l'Institut australien du sport, ou encore l'université de Nottingham, spécialisée dans la dynamique des fluides afin d’obtenir des résultats plus qu’encourageants.

La « combinaison record » est en train de devenir une des plus grande révolution de la natation moderne. Parmi ces évolutions principales, on notera la présence d’un gainage. Celui ci permet au nageur, grâce à la pression exercée sur sa ceinture abdominale, d’être mieux profilé lors de la coulée et de le maintenir plus rectiligne. Le tissu utilisé est également révolutionnaire. Les coutures disparaissent pour laisser place à un assemblage par ultrasons afin d’obtenir une meilleure glisse dans l’eau. Et ce n’est pas tout. Selon Philippe Hellard,  responsable du département recherche à la Fédération française de natation, la flottabilité est améliorée : « On est probablement à 0,8% de bonus, il est difficile de l’évaluer précisément. En revanche, un petit gain de cette nature peut faire la différence de deux, voire trois dixièmes de seconde au moment de l’arrivée. Et aujourd’hui, trois dixièmes, c’est la durée qui départage de 4 à 6 nageurs sur une finale olympique ».

«  Lorsque je rentre dans l'eau, j'ai l'impression d'être une fusée! »

 Les nageurs eux même sont très impressionnés par cette nouvelle arme. « Mettre la combinaison, cela vous donne l'impression d'être un super héros, c'est tout simplement impressionnant, cela vous transforme » confie l’américain Brian Lochte. « Lorsque je m'élance du plot, j'ai la sensation continue de filer droit, lorsque je rentre dans l'eau, j'ai l'impression d'être une fusée! » explique Michael Phelps. Pour l'australien Grant Hackett, il n’y a pas de doute, cette seconde peau offre un réel avantage. « Vous avez l'impression de fendre l'eau tel un couteau chauffé dans du beurre. C'est étonnant lorsque vous retirez la combinaison et replongez dans l'eau comme vous vous sentez mou, comme si vous étiez en surpoids ou quelque chose comme cela, car elle vous comprime tellement et vous enserre dans l'eau ».

Certains néanmoins s’inquiète de l’évolution de ce sport  à l'image de Claude Fauquet,  directeur technique national de la Fédération française de natation. « Le fait que des moyens technologiques énormes commencent à se mettre en oeuvre pour que les combinaisons deviennent des éléments déterminants de la performance doit nous amener à nous interroger sur l'avenir de ce sport » a-t-il déclaré après le championnat d’Europe où six records du monde et quinze records européens ont été battus. Mais cette inquiétude ne date pas d’hier. Dès l’an 2000, une des icônes de la discipline, le russe Alexandre Popov pointait du doigt la dérive technologique de son sport : « Si j’avais fait l’impasse sur la compétition pendant ces quatre dernières années, j’aurais eu du mal à reconnaître mon sport aux Jeux. La technologie est partout ! Rares sont les nageurs qui évoluent sans combinaison intégrale. Je ne crois pas que la natation ait beaucoup à gagner avec leur apparition. Cependant, les dirigeants de la Fédération internationale l’ont autorisé. La natation était pourtant l’un des derniers bastions à ne pas être pollué par la technologie ».

Record du monde d'Eamon Sullivan sur 50m en combinaison intégrale :

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Publié dans Société

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