Le racisme pollue les stades

Publié le par P.J.

Les actes de racisme sont encore bien présents sur les terrains de football. La semaine dernière, un nouvel épisode est venu compléter ce dossier déjà bien rempli. Cette fois ci c’est le championnat de France qui est touché  par cette maladie qui ronge nos stades.

« On n’est pas raciste. La preuve…on t’enc. »  Voici ce qu’on pouvait lire dans les tribunes de Bastia le week-end dernier lors d’un match de Ligue 2. Le message, écrit par les supporters locaux, était adressé à Boubacar Kébé, joueur de Libourne Saint-Seurin. Le joueur avait déjà  été victime d'insultes à caractère raciste lors du match aller opposant son équipe à Bastia. Suite à ces insultes, Il montra aux supporters corses un doigt d'honneur. Ce geste lui valu un carton rouge.


 Bernard Laporte, secrétaire d’Etat aux sports, qualifie ces attitudes de « lamentables et imbéciles ». L’ancien entraîneur du XV de France insiste sur « l'exigence absolue et l'urgence de la mise en place de mesures fermes et dissuasives afin de bouter hors des enceintes sportives ces individus qui veulent y apporter le racisme et la violence».  Des individus qui se font de plus en plus nombreux ces derniers temps. Une semaine avant l’affaire Kébé, un autre incident s’était produit sur le terrain de Metz. Lors de ce match, l’international marocain Abdeslam Ouaddou fut insulté durant toute la rencontre par un supporter messin.  Le secrétaire d’Etat aux sports souhaite, avant tout, alourdir les sanctions pour les supporters qui proféreraient des insultes racistes. «Les sanctions sont de trois mois d'interdiction de stade et nous voulons qu'elles passent à un an». Il a également souligné que ce sujet était à l'étude avec la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie et qu'il serait traité en avril ou en mai.

Supporters, joueurs et même dirigeants

Ces manifestations de haines et de violences sont présentes dans toute l’Europe. Tout le monde se souvient de Marc Zoro. Ce défenseur ivoirien de Messine (Italie), excédé par des cris de singe proférés à son encontre par des supporters de l’Inter Milan, a demandé à l’arbitre de suspendre la rencontre. En Espagne, lors d’un déplacement à Séville, Eto’o, l’attaquant camerounais de Barcelone, fut victime d’insultes de supporters. Il voulut d’abord arrêter mais ses coéquipiers l’ont fait revenir sur la pelouse.
Ce phénomène n’est pas seulement réservé aux pseudo-supporters. Stefaan Leleu, joueur de Zulte-Waregem, a été accusé à maintes reprises d’avoir insulté des joueurs d’origine africaine. Certains vont plus loin en exprimant leur opinion politique sur le terrain. L’ancien attaquant de la Lazio de Rome, Paolo Di Canio effectuait, généralement, un salut nazi pour célébrer ses buts. Certains dirigeants sont également responsables d’actes racistes. Au mois de novembre dernier, le président du FC Brussels, Johan Vermeersch, avait pété les plombs. Il expliqua à son joueur Matumona Zola qu’il  « n'était plus dans son pays et qu’il devait oublier arbres et bananes ».

« Notre sport est confronté à un danger mortel, la violence »

L’association européenne de football et les fédérations nationales sont conscientes depuis bien longtemps du problème et tentent de l’éradiquer. « Notre sport est confronté à un danger mortel, la violence. La violence sur le terrain, dans les tribunes et hors des stades est un poison pour notre sport  »  déclare le président de l’UEFA, Michel Platini. Pour résoudre ce fléau l'instance dirigeante du football européen collabore avec l’association FARE (Football Against Racisme in Europe). Cette association de lutte contre le racisme organise des actions qui visent à sensibiliser le public à ces problèmes. Celles-ci sont menées par des ONG, des groupes de supporters, des clubs, des fédérations nationales et bien d’autres encore. Au total, plus de 2 000 actions sont prévues cette saison dans 37 pays européens. Espérons que ces différentes actions porteront leurs fruits et que le sport reprenne sa place dans nos stades.

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Publié dans Société

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