Cabines téléphoniques : la chasse est ouverte !
Pour peu que vous ne soyez pas dans votre quartier, trouver une cabine téléphonique proche de vous demandera ténacité et patience dans vos recherches. C’est parti, la chasse est ouverte. Vous voilà arpentant désespérément les rues. Lançant des regards de tous côtés. Pressant le pas frénétiquement en maudissant la terre entière de cette injustice. Où sont-elles? Réfléchir de manière logique. Seule et dernière solution avant d’abandonner tout espoir. Se diriger vers un carrefour où se trouvent des commerces. Là, c’est sûr il doit bien en rester une.
Miracle ! Se dessine au loin l’objet tant convoité : une cabine téléphonique. Dans un dernier soubresaut d’énergie, vous vous y précipitez. Enfin, vous y êtes. Par chance il vous reste de l’argent sur votre carte Proton, car depuis plusieurs années, la monnaie sonnante et trébuchante n’y a plus cours. Vous décrochez le combiné et là … pas de tonalité. Réfrénant une envie soudaine de meurtre, vous vous contentez de pousser quelques jurons. La cabine est en réparation et vous êtes reparti dans une chasse à la cabine téléphonique. Combat perdu d’avance dans bien des cas.
Près de la moitié des cabines supprimées depuis 2000
Entre 2000 et 2006, Belgacom a diminué de 36,1% le nombre de cabines publiques. Passant de 18 437 à 10 689. Et le phénomène n’est pas prêt de s’arrêter. La percée des téléphones portables continuant de progresser, l’utilisation des cabines téléphoniques se fait de plus en plus rare. A l’heure actuelle, il resterait 9 500 unités.
D’après les chiffres de l’INS (Institut de Statistique), cette suppression systématique s’accélère. Rien que pour la période 2005-2006, c’est près de 2000 cabines qui ont été supprimées (14,9%). Pour 2008, Belgacom prévoit d’en retirer un millier.
C’est la loi du 13 juin 2005 sur les communications électroniques qui détermine le nombre minimum de cabines à maintenir en Belgique. Ce nombre dépend du taux de pénétration du téléphone portable. A chaque fois que ce taux augmente de 5%, le nombre minimum de cabines baisse de 2000 unités. Un nombre minimum de 2000 cabines serait maintenu si le taux de pénétration des mobiles dépasserait les 95%. Pour l’heure, Belgacom peut continuer sur sa lancée. D’après les derniers chiffres, le taux de pénétration étant de plus en plus fort, le nombre minimum de cabines autorisées est de 6000. Faites le compte, 3500 cabines sont encore «superflues».
Il reste évident, que l’objectif est de garder les cabines rentables et de supprimer toutes celles qui ne le sont pas. La fonction d’une cabine n’est plus uniquement de téléphoner mais aussi de recharger sa carte proton ou sa carte Pay&Go. Mais ses nouveautés ne suffisent pas à assurer une rentabilité suffisante.
De nombreuses cabines jouent un rôle «social» en permettant aux utilisateurs sans lignes fixes d’y avoir accès facilement. Ce rôle tenu autrefois n’est plus d’actualité. La suppression systématique des cabines non rentables dans les endroits peu fréquentés va de pair avec la libéralisation du marché. Belgacom n’a plus comme objectif de rendre un service mais bien de maximiser les bénéfices. Et si on trouve encore des cabines en rue, c’est bien parce qu’il y a une loi qui oblige l’opérateur historique à en garder un minimum. L’évolution du marché des télécoms a privilégié de manière définitive l’emploi des téléphones portables. La bonne vieille cabine que vous trouviez au coin de chaque rue il y encore quelques années compte ses derniers jours. La cohabitation entre portable et ligne fixe ne fait définitivement pas bon ménage.
Publicité