F1 : Mine d’or pour les constructeurs
L’engouement médiatique pour la formule 1 est de plus en plus important. Les constructeurs automobiles, conscients de l’image que cette compétition apporte à leur marque, n’ont pas hésités à rejoindre le grand cirque de la F1.
Avec une audience mondiale moyenne de 350 millions de téléspectateurs par course, cette plate-forme médiatique s'avère être un outil très intéressant pour faire connaître sa marque. Les manufacturiers automobiles l’ont bien compris. Chaque année, ils supportent à grand budget financier les écuries de F1. Cet investissement permet à la marque d'embellir son image auprès des consommateurs automobiles. La stratégie est simple, il faut démontrer au public que le constructeur, qui supporte l'équipe, possède une technologie à la pointe du progrès.
Un investissement à long terme
Pour les marques, il ne s'agit pas d'une dépense mais bien d'un investissement à long terme. Le plus grand constructeur mondial, Toyota, a choisi il y a quelques années de rejoindre la compétition. La marque japonaise voulait avant tout changer son image de marque. Son objectif était de paraître plus sportive. Cette participation lui permettait, par la même occasion, de rivaliser avec son concurrent Honda, présent en formule 1 depuis plusieurs années.
L'image d'un pilote peut également influencer le choix d'un consommateur. Ferrari, division de Fiat, recrute depuis quelques années des pilotes brésiliens. Ruben Barichello était le coéquipier de Michael Schumacher par le passé. Actuellement, Felipe Massa a repris le volant de son compatriote. Ce choix n’est pas anodin, le marché brésilien est l’un des plus important pour la marque italienne à l'extérieur de l'Europe. Cette stratégie s'applique également au constructeur Honda. L’écurie japonaise Super Aguri a toujours possédé dans ses rangs au minimum un pilote originaire du pays du soleil levant.
Le budget cumulé des 11 écuries de Formule 1 pour la saison 2007 s’élevait à 2,3 milliards d'euros
Pour que les retombées économiques soient importantes, les marques doivent dénouer les cordons de la bourse afin d’être le plus performant possible. « Il faut minimum 80 millions d’Euros de budget en 2008, pour bien figurer sur la grille de départ du Championnat du Monde de Formule 1 » selon Joan Villadelprat, ex-directeur sportif de Prost Grand Prix. Le budget cumulé des onze écuries de Formule 1 pour la saison 2007 s’élevait à 2,3 milliards d'euros d'après le journal Les Echos. McLaren Mercedes disposait du plus important avec 339 millions d'euros, suivaient ensuite Honda (316), Ferrari (301) et Toyota (295). A l’opposé, le budget le plus bas lors de l’exercice précédent, était de 53,5 millions d’euros pour l'écurie néerlandaise Spyker (ex Jordan et Midland).
L’investissement des marques est conséquent mais les retombés économiques dans les ventes se font ressentir. Afin de profiter un maximum de l’attrait médiatique de cette compétition, les manufacturiers automobiles n’hésitent pas à lancer de nouveau produit. Fin 2006, l’écurie Honda se vantait d’être la meilleure équipe japonaise engagée en Formule 1 grâce à la victoire de Jenson Button au Grand Prix de Hongrie. Pour célébrer le retour en force du motoriste nippon dans la discipline, Honda avait sortie une version spéciale de sa S2000 : La S2000 RJ (Rubens Barrichello et Jenson Button). Chez les autres constructeurs comme Renault, la pratique est courante. En effet, la marque au losange sort chaque année des versions « F1 » de ses différentes voitures de série.
Les constructeurs comme Honda, Renault et pour les plus fortunés, Ferrari parviennent à offrir à leurs supporters un peu de la « magie F1 » avec la commercialisation de séries spéciales. Cet investissement s’avère plutôt positif : Honda a augmenté ses ventes en France malgré une saison 2007 catastrophique alors que Ferrari reste une légende à elle toute seule. Chez Renault, les titres de constructeurs acquis en 2005 et 2006 ont permis à la marque de vendre des véhicules dans des pays très compétitifs comme la Chine. Renault y est dorénavant considéré comme une marque sportive, populaire et jeune.
Le lien entre la F1 et les retombées publicitaires dépendent peu des résultats, l'image prévaut comme en témoigne cette publicité pour Mercedes :