Marches pour le Tibet libre

Publié le par E.J.

Le 10 mars étaient organisées de part le monde de multiples marches en soutien des manifestations sanglantes à Lhassa. Le gouvernement chinois craindrait-il un boycott de ses jeux olympiques ?  De la révolte à la révolution.

Les mots du Dalaï Lama

Chacun se souvient encore de ces moines qui défilaient en Birmanie, violemment réprimés par le gouvernement militaire du pays. Les mêmes images réapparaissent sur nos écrans, dans un contexte toutefois différent. Le Dalaï Lama est confronté aux manifestations les plus sanglantes au Tibet depuis celles de 1989. Les émeutes de vendredi dans la capitale Lhassa ont fait 10 morts selon les autorités chinoises, mais au moins 80 tués selon le gouvernement tibétain en exil, parmi lesquelles "une majorité de Tibétains".

"Dans cette crise, des dirigeants chinois locaux n’ont recours qu’à la force de façon à obtenir un simulacre de paix. Mais une paix et une stabilité apportées par la force équivalent à un régime de terreur", a lancé le Dalaï-lama. "S’il vous plaît, enquêtez, si cela est possible. Qu’un organisme international tente d’abord d’enquêter sur la situation au Tibet", a plaidé le lauréat 1989 du prix Nobel de la paix. "Que ce soit de façon intentionnelle ou non, un génocide culturel est en train de se dérouler", a-t-il répété, affirmant que les Tibétains étaient traités "comme des citoyens de seconde classe" au sein de la région autonome chinoise.

C’est la deuxième fois en une semaine que le Dalaï-lama se montre virulent à l’égard de Pékin. Le 10 mars, pour le 49e anniversaire de sa fuite de Lhassa, il s’était insurgé contre des "violations inimaginables" commises par la Chine dans son pays natal. Le Dalaï-lama a ainsi expliqué que l’attitude de responsables chinois, avec lesquels son entourage discute depuis 2002, s’était brutalement "durcie" en 2006 et en 2007.

Fermeture chinoise

YouTube était bloqué dimanche en Chine après la diffusion d’une vidéo sur les manifestations sanglantes de Lhassa. Les problèmes d’accès au site sont apparus après la diffusion d’images montrant de violentes manifestations et la capitale du Tibet en état de siège, avec une présence militaire et policière importante.

Les seules images diffusées largement depuis deux jours par la télévision chinoise montrent seulement des Tibétains à Lhassa attaquant des boutiques tenues par des Chinois et brûlant des voitures de police. La télévision n’a montré aucun plan de l’armée, pourtant déployée en force, selon de nombreux témoignages.

Le Tibet est actuellement fermé aux journalistes étrangers, sauf ceux qui avaient pu y pénétrer avec un permis spécial avant le début des manifestations lundi à Lhassa à l’occasion du 49ème anniversaire du départ forcé du Dalaï-lama.

Lors de la révolution communiste de 1949, le Tibet est devenu une nouvelle province chinoise. Un traité "d'autonomie" avait été imposé au gouvernement tibétain de l'époque. Le Tibet perdait sa souveraineté mais gardait une indépendance culturelle. En 1959, suite aux violences grandissantes de la part de l'occupant militaire au Tibet, le Dalaï Lama s'est exilé en Inde. Selon le gouvernement tibétain en exil, plus d'un cinquième de la population tibétaine, soit 1,2 millions de personnes, sont mortes des suites de l'occupation chinoise. 6000 temples et monastères auraient été détruits.

"Un mouvement du peuple"

Albert Camus, dans L'homme révolté, explique que "là où l'escalve se révolte contre le maître, il y a un homme dressé contre un autre, sur la terre cruelle, loin du ciel des principes. [...] Les émeutes serviles, les jacqueries, les guerres des gueux, les révoltes des rustauds, mettent en avant un principe d'équivalence, vie contre vie, que, malgré toutes les audaces et toutes les mystifications, on retrouvera toujours dans les formes les plus pures de l'esprit révolutionnaire." 300 personnes étaient descendues dans les rues de Bruxelles avec des drapeaux tibétains. A Paris, un des 500 manifestants a escaladé la façade de l'ambassade de Chine pour y déloger le drapeau rouge. Le gouvernement chinois serarit actuellement débordé par l'ampleur de la révolte. Il exhorte les manifestants à se rendre.

Face aux manifestations violentes des Tibétains, conséquences d’un "fort ressentiment", le Dalaï-lama a reconnu qu’il n’avait "pas le pouvoir" d’y mettre un terme. "Je me sens impuissant", a-t-il admis. "C’est un mouvement du peuple. Je me considère comme le serviteur du peuple et je ne peux pas demander au peuple de faire ceci ou cela", a lancé le Dalaï-lama. "Mais tout le monde connaît mon principe, c’est la non-violence", a-t-il conclu.

Les images d'un NoComment d'Euronews montre une charge policière à Lhassa :



Autre vidéo montrant la manifestation à Paris le 10 mars :


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Publié dans Monde

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