God save Belgium et la déontologie journalistique !
Un drapeau belge à la fenêtre. Pour lui, c’est une évidence. Il est même surprenant qu’il entame au piano les premières mesures d’un chant religieux plutôt que la Brabançonne ! Car Vincent Godefroid est un fervent patriote et croyant. Ce journaliste de formation, auteur de romans et de recueils de contes et de poésie, est à l’origine du mouvement pour l’unité de la Belgique. Il y est toujours très engagé. Il se décrit lui-même comme un des trois mousquetaires, avec Marie-Claire Houard et Guy Spiltoir, de la Marche pour l’unité de la Belgique.Cet événement a rassemblé le 18 novembre dernier plus de 30.000 personnes manifestant leur attachement au plat pays.Cet élan a reçu un coup rude le 23 février avec la révélation de malversations commises par Marie-Claire Houard. Des journalistes de Sud Presse révélaient que la figure centrale du mouvement a volé environ 5.000 euros (200.000 anciens francs belges) à des clients de la poste, où elle travaillait, il y a 8 ans. Les clients ont été remboursés par la Poste, et Marie-Claire licenciée. Elle explique sa conduite ainsi : « Je ne disposais à l’époque que de 30.000 francs par mois pour vivre, mon mari m’avait quittée et ne payait pas la pension alimentaire qu’il me devait. Je devais assurer l’existence de mes deux filles. Il est difficile d’avouer qu’on n’arrive pas à payer ses factures ». Elle a déclaré avoir payé. « Depuis, j’ai entamé une autre vie et essayé de surmonter tout cela. J’ai un nouveau mari, un nouveau travail, pour l’Etat. J’espère ne pas le perdre, à cause de cette histoire ancienne », a-t-elle précisé. « Si je pouvais revenir en arrière ! Si vous saviez comme je suis gênée ! ».
Néanmoins, le 9 mars, 220 personnes participaient à un repas-rencontre entre Belges de toutes les régions dans les salons du Stade Roi Baudouin. Chacun était invité à prendre place à une table sur laquelle été affichée une carte du lieu d’où il provient. Le déjeuner était rythmé par des prestations d’un groupe de chants gospel qui avait écrit et composé un chant en trois langues pour l’unité de la Belgique. Un regret pour les organisateurs : les envois d’invitations par paquet, donc au départ d’un serveur informatique équipés d’un programme ad hoc, n’ont pas été lu par leurs destinataires qui craignaient des spams. Seuls 5% ont été lu.
Le mouvement subsiste donc, à une moindre échelle qu’en automne dernier. Mais les révélations concernant Marie-Claire Houard ont permis à Vincent Godefroid de réitérer sa confiance en elle et de s’exprimer sur sa conception de la déontologie du journaliste.
Quelles ont été vos premières réactions suite à la révélation des dernières informations concernant le passé de Marie-Claire Houard?
Ma toute première réaction a été de me dire que tout cela n’avait strictement rien à voir.
Avant ça j’ai formulé intérieurement le mot de Cambronne en pensant à Marie-Claire, à ses enfants, et à son mari. Je me suis dis : Là, il y a peut-être une limite à ne pas dépasser.
Mais chacun sa conception des choses et du métier. Ce type d’information n’apporte rien à la situation actuelle. D’autant plus que c’est un passé révolu et honorablement résolu, dans un contexte interne où tout s’est très bien déroulé. Une fois que quelqu’un a terminé la sanction qui lui a été infligée, quelle qu’elle soit, pour un délit commis, je ne vois vraiment pas pourquoi on va revenir là-dessus.
Qui a révélé cette information ?
Oh, quelques grincheux de service, comme il y en a partout ! Le défaut de la révélation d’une information qui n’a rien à voir avec une situation d’unité de la Belgique, c’est qu’elle provoque un amalgame et la confusion dans les esprits. Maintenant, est-ce que ça va altérer le bien-fondé et l’engouement qu’il y a eu vis-à-vis de tous les événements pour l’unité de la Belgique ? J’ose espérer que non et que suffisamment de Belges savent encore réfléchir. Hormis les grincheux de service, mais ça, je ne peux pas les changer.
Pourquoi cette information sort-elle au moment de la sortie du livre sur la Marche pour l’unité de la Belgique ?
Ce livre que nous a commandé l’éditeur, à Marie-Claire et moi-même, a été annoncé. Peut-être que les gens ce sont dit… Ou bien c’est un effet du hasard, mais je ne crois pas au hasard.
Il faudrait pour cela connaître la ou les personnes qui ont envoyé ces révélations au Groupe Sud Presse. Elles, doivent le savoir.
Il y a bien sûr le secret des sources, et cela c’est tout à fait logique. Il y va de la garantie de liberté de la presse et de la liberté d’expression en général, dont je serai un ardent défenseur aussi.
Malgré tout, s’il devait y avait des suites, des poursuites, il faudrait bien que l’on connaisse au départ. Il ne s’agit pas d’une plainte, je ne sais pas, sans doute d’une mauvaise volonté, d’une jalousie.
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