France : municipales en couleur locale ou nationale ?
Une mobilisation historiquement faible des électeurs au second tour (65,2 %). Le 16 mars dernier marquait la défaite du parti du président français Nicolas Sarkozy (l'UMP) au second tour des municipales et cantonales. Résultat : le PS dirige désormais sept grandes villes sur dix, plus de la moitié des départements, et 20 régions sur 22.
Questions sociales, urbanisme, environnement, culture, Etat civil (mariages, naissances…) et justice ? Autant de compétences associées aux maires des villes et communes françaises. Les dimanches 9 et 16 mars, quelques 43,8 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes afin d'élire, pour six ans, leurs conseillers municipaux (élections municipales) des 36 683 villes et villages de France et leurs conseillers généraux (élections cantonales).
Prévu initialement en 2007, le scrutin pour les cantonales avait été repoussé en raison des élections présidentielle et législatives la même année. Selon le Ministère de l’Intérieur, lors du second tour des élections, un peu moins des deux tiers des français inscrits sur les listes électorales ont voté (dans l’ensemble des communes). C’est un taux très faible pour des élections locales. Un record d’abstention.
Questions sociales, urbanisme, environnement, culture, Etat civil (mariages, naissances…) et justice ? Autant de compétences associées aux maires des villes et communes françaises. Les dimanches 9 et 16 mars, quelques 43,8 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes afin d'élire, pour six ans, leurs conseillers municipaux (élections municipales) des 36 683 villes et villages de France et leurs conseillers généraux (élections cantonales).
Prévu initialement en 2007, le scrutin pour les cantonales avait été repoussé en raison des élections présidentielle et législatives la même année. Selon le Ministère de l’Intérieur, lors du second tour des élections, un peu moins des deux tiers des français inscrits sur les listes électorales ont voté (dans l’ensemble des communes). C’est un taux très faible pour des élections locales. Un record d’abstention.
Cantonales, municipales : comment analyser le vote ?
Pour Jérôme Jaffré, directeur du CECOP (Centre d'études et de connaissances de l'opinion) et invité de l’émission « mots croisés » du 17 mars sur France 2, les élections cantonales donnent une image en terme de rapport de force politique. Elles associent la France rurale et la France urbaine. Les petites communes, elles, sont souvent sans étiquette. Résultats des cantonales en 2008 : 51 % pour la gauche, 44 % pour la droite. Une « défaite historique » de la droite. Pour comparaison, en 2001, la gauche totalisait 47,5 % et la droite 50 %.
Ce qui ressort des municipales : plus les communes sont grandes, plus l’on vote sur des enjeux nationaux ou des critères politiques. Plus l’on politise dans le scrutin, plus la droite est battue. Quant à l’absentéisme, il est plus élevé dans les grandes villes, avec quelques 40 % des inscrits pour celles de plus de 30 000 habitants. A contrario, dans les petites villes, c’est l’effet de proximité qui joue. L’on connaît mieux son maire. Le taux d’absentéisme tombait à moins de 25 % dans les communes de moins de 3 500 habitants.
A droite : quel bilan 10 mois après être arrivé au pouvoir ?
« C’est une défaite » déclarait Jean François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale et maire de Maux (réélu au premier tour), au lendemain du second tour des élections. Il participait lui aussi à l’émission « mots croisés », sur le plateau de France 2. La veille, le premier Ministre François Fillon (UMP) déclarait pourtant aux médias que « chaque commune, chaque canton présente des spécificités. Il est donc malvenu de tirer de ce scrutin des leçons nationales. Le vote des Français ne doit pas être instrumentalisé par des considérations partisanes ». Le secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian, a lui estimé que le second tour des élections municipales correspondait à un « rééquilibrage » entre la droite et la gauche.
Certaines villes restent emblématiques d’un vote de droite. Ainsi, Marseille, Aix en Provence, Avignon, Nice et Toulon n’ont toujours pas changé de main. Selon Roland Cayrol, de l’institut de sondage CSA, l’UMP est en recul dans deux types d’électorat : les jeunes de moins de 30 ans (qui ont peu voté) et les salariés, plus précisément les ouvriers (61 % à voter à gauche dans les communes de plus de 3 500 habitants). Nicolas Sarkozy avait pourtant réussi à capter cette dernière catégorie d’électeurs lors des présidentielles. L’abstentionnisme était également plus élevé à droite qu’à gauche, bien que la différence ne soit pas très significative d’un point de vue statistique.
A gauche : une victoire locale qui pourrait devenir nationale ?
Si la gauche prend la main au niveau local, elle peine à rassembler au niveau national. Le parti affiche toujours sa division. Parmi les « rééquilibrages », François Hollande, le premier secrétaire du Parti socialiste, a été élu président du conseil général de la Corrèze. Une élection symbolique dans ce département rural géré depuis 23 ans par la droite, tremplin de la carrière politique de Jacques Chirac.
Des villes longtemps restées à droite ont basculé à gauche : Reims, Metz ou Saint-Chamond (Loire) par exemple. Pour François Rebsamen, numéro deux du PS et maire de Dijon (réélu au premier tour), le vote s’est fait au deux-tiers sur des enjeux locaux, le reste sur des enjeux nationaux. Le comportement du président « bling bling » a été sanctionné, notamment chez les personnes âgées.
De même pour sa politique menée sur les franchises médicales. Un sentiment grandissant d’injustice face à la répartition des richesses. D’un côté, des ménages qui se serrent la ceinture et de l’autre, des avantages fiscaux.
Et les extrêmes ?
Pour le sociologue Jean Viard, l’on assiste à une régionalisation du vote. Une France des idées. Une segmentation sociale. Le Front National (FN) a un développement différent selon qu’il s’agit d’une France rurale ou des très grandes villes. Ce sont 5 à 10 % du corps électoral qui a voté extrême droite, selon les régions.
Marine Le Pen échoue à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) avec un score de plus de 28 % au second tour. Et les voix de la droite traditionnelle ne semblent pas se reporter sur le FN. Daniel Simonpieri, ancien maire FN de Marignane et candidat soutenu par l'UMP, a été battu par un divers droite. Des quatre mairies FN de Toulon, Marignane, Vitrolles et Orange, seul subsiste aujourd'hui Orange, où a été réélu Jacques Bompard (adhérant au MPF de Philippe de Villiers depuis décembre 2005).
Du côté de l’extrême gauche, les listes présentées ou soutenues par la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) ont maintenu ou augmenté leur score. C’est le cas à Clermond-Ferrand, à Louviers (Eure), à Foix et Saint-Nazaire. Dans ces deux dernières villes, la LCR est devant l’UMP. Quant au parti communiste, le PCF échoue dans les milieux populaires et les banlieues. A La Courneuve et à Bobigny, les candidats PCF ont été élus avec un très fort taux d’absentéisme.
Après les élections municipales, les conseillers municipaux se réunissaient au plus tard jusqu’au dimanche 23 mars pour désigner leur maire, élu pour six ans. Face à un PS divisé, mardi 25 mars (date du Conseil national du PS), François Hollande devrait annoncer son calendrier pour un « processus de rénovation » du parti.
Pour Jérôme Jaffré, directeur du CECOP (Centre d'études et de connaissances de l'opinion) et invité de l’émission « mots croisés » du 17 mars sur France 2, les élections cantonales donnent une image en terme de rapport de force politique. Elles associent la France rurale et la France urbaine. Les petites communes, elles, sont souvent sans étiquette. Résultats des cantonales en 2008 : 51 % pour la gauche, 44 % pour la droite. Une « défaite historique » de la droite. Pour comparaison, en 2001, la gauche totalisait 47,5 % et la droite 50 %.
Ce qui ressort des municipales : plus les communes sont grandes, plus l’on vote sur des enjeux nationaux ou des critères politiques. Plus l’on politise dans le scrutin, plus la droite est battue. Quant à l’absentéisme, il est plus élevé dans les grandes villes, avec quelques 40 % des inscrits pour celles de plus de 30 000 habitants. A contrario, dans les petites villes, c’est l’effet de proximité qui joue. L’on connaît mieux son maire. Le taux d’absentéisme tombait à moins de 25 % dans les communes de moins de 3 500 habitants.
A droite : quel bilan 10 mois après être arrivé au pouvoir ?
« C’est une défaite » déclarait Jean François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale et maire de Maux (réélu au premier tour), au lendemain du second tour des élections. Il participait lui aussi à l’émission « mots croisés », sur le plateau de France 2. La veille, le premier Ministre François Fillon (UMP) déclarait pourtant aux médias que « chaque commune, chaque canton présente des spécificités. Il est donc malvenu de tirer de ce scrutin des leçons nationales. Le vote des Français ne doit pas être instrumentalisé par des considérations partisanes ». Le secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian, a lui estimé que le second tour des élections municipales correspondait à un « rééquilibrage » entre la droite et la gauche.
Certaines villes restent emblématiques d’un vote de droite. Ainsi, Marseille, Aix en Provence, Avignon, Nice et Toulon n’ont toujours pas changé de main. Selon Roland Cayrol, de l’institut de sondage CSA, l’UMP est en recul dans deux types d’électorat : les jeunes de moins de 30 ans (qui ont peu voté) et les salariés, plus précisément les ouvriers (61 % à voter à gauche dans les communes de plus de 3 500 habitants). Nicolas Sarkozy avait pourtant réussi à capter cette dernière catégorie d’électeurs lors des présidentielles. L’abstentionnisme était également plus élevé à droite qu’à gauche, bien que la différence ne soit pas très significative d’un point de vue statistique.
A gauche : une victoire locale qui pourrait devenir nationale ?
Si la gauche prend la main au niveau local, elle peine à rassembler au niveau national. Le parti affiche toujours sa division. Parmi les « rééquilibrages », François Hollande, le premier secrétaire du Parti socialiste, a été élu président du conseil général de la Corrèze. Une élection symbolique dans ce département rural géré depuis 23 ans par la droite, tremplin de la carrière politique de Jacques Chirac.
Des villes longtemps restées à droite ont basculé à gauche : Reims, Metz ou Saint-Chamond (Loire) par exemple. Pour François Rebsamen, numéro deux du PS et maire de Dijon (réélu au premier tour), le vote s’est fait au deux-tiers sur des enjeux locaux, le reste sur des enjeux nationaux. Le comportement du président « bling bling » a été sanctionné, notamment chez les personnes âgées.
De même pour sa politique menée sur les franchises médicales. Un sentiment grandissant d’injustice face à la répartition des richesses. D’un côté, des ménages qui se serrent la ceinture et de l’autre, des avantages fiscaux.
Et les extrêmes ?
Pour le sociologue Jean Viard, l’on assiste à une régionalisation du vote. Une France des idées. Une segmentation sociale. Le Front National (FN) a un développement différent selon qu’il s’agit d’une France rurale ou des très grandes villes. Ce sont 5 à 10 % du corps électoral qui a voté extrême droite, selon les régions.
Marine Le Pen échoue à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) avec un score de plus de 28 % au second tour. Et les voix de la droite traditionnelle ne semblent pas se reporter sur le FN. Daniel Simonpieri, ancien maire FN de Marignane et candidat soutenu par l'UMP, a été battu par un divers droite. Des quatre mairies FN de Toulon, Marignane, Vitrolles et Orange, seul subsiste aujourd'hui Orange, où a été réélu Jacques Bompard (adhérant au MPF de Philippe de Villiers depuis décembre 2005).
Du côté de l’extrême gauche, les listes présentées ou soutenues par la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) ont maintenu ou augmenté leur score. C’est le cas à Clermond-Ferrand, à Louviers (Eure), à Foix et Saint-Nazaire. Dans ces deux dernières villes, la LCR est devant l’UMP. Quant au parti communiste, le PCF échoue dans les milieux populaires et les banlieues. A La Courneuve et à Bobigny, les candidats PCF ont été élus avec un très fort taux d’absentéisme.
Après les élections municipales, les conseillers municipaux se réunissaient au plus tard jusqu’au dimanche 23 mars pour désigner leur maire, élu pour six ans. Face à un PS divisé, mardi 25 mars (date du Conseil national du PS), François Hollande devrait annoncer son calendrier pour un « processus de rénovation » du parti.
| Cantonales et municipales françaises : comment ça marche ? |
| Les cantonales : Les conseillers généraux, qui gèrent les départements, sont renouvelés par moitié tous les trois ans. Les quelque 2 000 cantons renouvelables en mars 2008 sont ceux où la précédente élection s'était déroulée en 2001. Le scrutin aura lieu en 2010 dans les cantons où on avait voté en 2004, à l'occasion des régionales. L’appartenance politique des conseillers généraux influence la représentation au Sénat : ils font partie du cortège des grands électeurs qui participent aux sénatoriales (les prochaines à l'automne). |
| Les municipales : Pour les municipales, on ne vote pas pour une personne mais pour une équipe. Contrairement à l’élection présidentielle. C’est un scrutin de liste. Il se déroule en deux tours. Dans tous les cas, il s’agit d’élire des conseillers municipaux (au suffrage universel direct) pour six ans. Si l’on est inscrit dans une commune de moins de 3 500 habitants, l’élection des conseillers municipaux se fait au scrutin de liste majoritaire à deux tours. Les listes peuvent être panachées, c’est-à-dire que l’électeur peut composer lui-même sa liste, en ajoutant ou en supprimant des candidats. Si l’on est inscrit dans une commune de plus de 3 500 habitants, on vote pour une liste selon un mode qui mélange scrutin majoritaire et proportionnelle. |
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