"L'argent ne peut pas être le seul but quand on fait des livres"

Publié le par P.F.

Photo de Pauline ForgesDu 5 au 9 mars, en même temps et à deux pas de la Foire du Livre officielle, s'est déroulée la première Foire du Livre Off. A l'origine de l'événement, un rassemblement de petits éditeurs indépendants.

Les livres sont remballés, le silence envahit Tour & Taxis: la Foire du Livre a pris fin. Mais cette année, elle n'est pas la seule : à quelques rues de là, à l'Escaut, la Foire du Livre Off plie elle aussi bagages. C'était la première édition de cette foire alternative, qui se voulait différente et complémentaire du In. On doit sa naissance à quelques maisons d'édition (dont  Maelström, Biliki, La Cinquième Couche, Fremok et Rezolibre) qui ont commencé par interpeller la Foire du Livre par une lettre ouverte dans laquelle ils l'exhortaient à être "un acte de résistance à la normalisation éditoriale". Mais comme le groupe ne trouvait pas de terrain d'entente avec le In, il décida de créer sa propre foire... Le Off était né. Avec la volonté de redonner sa place au livre, "souvent réduit à un produit de consommation parmi les autres".

L'un des principaux objectifs du Off est en effet l'existence d'une foire plus culturelle et moins mercantile. "Pour nous, le In représente davantage une grosse opération commerciale", explique Xavier Löwenthal, de la Cinquième Couche. Patrick Lowie, un autre organisateur, va même jusqu'à comparer le In à Davos. Alors, le Off, Porto Alegre du livre ? David Gianonni, des éditions Maelström, sourit. "Du commerce, on en fait aussi, mais ça n'est pas une industrie. L'argent ne peut pas être le seul but quand on fait des livres. Le Off a sa raison d'être, à l'heure où les trusts envahissent l'édition avec des moyens de persuasion économique démesurés par rapport à des petits éditeurs", explique-t-il. Le Off ouvrait donc ses portes à tous ceux qui ne trouvent peut-être pas leur place au In. D'entrée libre, le festival permettait à ses exposants d'échanger une contribution de 78 euros contre un service rendu à l'organisation.

Photo de Pauline ForgesL'Escaut est un bâtiment discret, qui offre des recoins intimes. A l'entrée étaient disposés des "ballots de livres", compressions d'ouvrages pilonnés par leurs éditeurs faute de ne pas avoir été vendus. Tous les livres sont sacrés au Off, qui a même organisé une procession littéraire en leur honneur! En guise de prière, les participants étaient invités à... la lecture. Mais la littérature n'était pas le seul attrait de cette foire incongrue. Son programme enchaînait aussi débats, concerts et performances. Patrick Roegiers était ainsi présent pour clôturer l'événement en beauté, en compagnie de 5 livres et... d'une guillotine pour une performance intitulée « Faut-il « Roegiers » de honte ? ».

Au final, une foire qui ne se prend pas au sérieux et ne demande qu'à grandir. A l'année prochaine ?
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Publié dans Culture

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