"L'argent ne peut pas être le seul but quand on fait des livres"
Les livres sont remballés, le silence envahit Tour & Taxis: la Foire du Livre a pris fin. Mais cette année, elle n'est pas la seule : à quelques rues de là, à l'Escaut, la Foire du Livre Off plie elle aussi bagages. C'était la première édition de cette foire alternative, qui se voulait différente et complémentaire du In. On doit sa naissance à quelques maisons d'édition (dont Maelström, Biliki, La Cinquième Couche, Fremok et Rezolibre) qui ont commencé par interpeller la Foire du Livre par une lettre ouverte dans laquelle ils l'exhortaient à être "un acte de résistance à la normalisation éditoriale". Mais comme le groupe ne trouvait pas de terrain d'entente avec le In, il décida de créer sa propre foire... Le Off était né. Avec la volonté de redonner sa place au livre, "souvent réduit à un produit de consommation parmi les autres".
L'un des principaux objectifs du Off est en effet l'existence d'une foire plus culturelle et moins mercantile. "Pour nous, le In représente davantage une grosse opération commerciale", explique Xavier Löwenthal, de la Cinquième Couche. Patrick Lowie, un autre organisateur, va même jusqu'à comparer le In à Davos. Alors, le Off, Porto Alegre du livre ? David Gianonni, des éditions Maelström, sourit. "Du commerce, on en fait aussi, mais ça n'est pas une industrie. L'argent ne peut pas être le seul but quand on fait des livres. Le Off a sa raison d'être, à l'heure où les trusts envahissent l'édition avec des moyens de persuasion économique démesurés par rapport à des petits éditeurs", explique-t-il. Le Off ouvrait donc ses portes à tous ceux qui ne trouvent peut-être pas leur place au In. D'entrée libre, le festival permettait à ses exposants d'échanger une contribution de 78 euros contre un service rendu à l'organisation.
Au final, une foire qui ne se prend pas au sérieux et ne demande qu'à grandir. A l'année prochaine ?
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